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L'augmentation des risques, conséquence de l'évolution du climat selon le GIEC. Dans son rapport publié en 2007, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), explique que les observations et les projections des scientifiques montrent une augmentation progressive de la fréquence des événements météorologiques destructeurs. Ces changements sont causés par le réchauffement global de la planète « Les impacts négatifs incluront l'augmentation des risques d'inondation éclair dans l'intérieur des terres, des inondations côtières plus fréquentes, une augmentation de l'érosion (due aux tempêtes et à l'élévation du niveau de la mer) », peut-on lire dans le rapport concernant l'Europe, qui précise : « Les industries, les habitations et les sociétés les plus vulnérables sont généralement celles situées dans les zones côtières inondables et les plaines alluviales... ». Ces prévisions trouvent évidemment un fort écho après les inondations qui sont survenues en Charente-Maritime et en Vendée lors du passage de la tempête Xynthia.
Pour les entreprises, les catastrophes climatiques peuvent avoir des conséquences très pénalisantes qui vont d'une perte temporaire d'exploitation à la mise en cause de leur survie. Pour se prémunir, les compagnies d'assurances sont bien évidemment là et se sont adaptées à la problématique. Certaines comme Covéa (MAAF, MMA, GMF) ont même développé des outils pour anticiper les événements potentiellement destructeurs, et pouvoir ainsi en réduire les coûts, à la fois pour les entreprises et pour l'assureur. Ce système, baptisé Coventéo « permet en cas de tempête, d'évaluer les dégâts qu'elle provoquera jusqu'à 7 jours à l'avance, et ainsi faciliter l'indemnisation des assurés ». Covéa peut ainsi mettre en place un plan d'intervention exceptionnel en cas d'événement. Ce que dit la loiSi la prévention est un souci pour les assureurs, c'est que la loi oblige les contrats d'assurance (incendies et autres dommages) à inclure les risques climatiques tels que les tempêtes, les raz de marée, les inondations, les tremblements de terre... L'étendue des garanties peut varier d'une compagnie d'assurance à une autre. Mais quel que soit le contrat, il doit couvrir les dégâts causés aux biens par une tempête ou un ouragan jusqu'à des vents de 145 km/h. Au-delà, on passe dans la catégorie catastrophe naturelle qui est décrétée par arrêté ministériel. Tous les contrats d'assurance incendie et dommages ouvrent également droit à indemnisation en cas de catastrophe naturelle. Les assureurs proposent aux professionnels et entreprises des options aux contrats d'assurance incendie et dommages concernant notamment la perte d'exploitation. La MACIF propose par exemple une garantie qui permet de prendre en charge « la perte de marge engendrée suite à un sinistre et des frais supplémentaires d’exploitation nécessaires pour maintenir les résultats de l’activité et la perte de valeur du fonds d'exploitation avec la prise en charge de la perte totale ou partielle du fonds d'exploitation commerciale ou artisanale de l'entreprise, suite à destruction des locaux professionnels résultant d'un événement garanti ». Mais toutes les entreprises n'y souscrivent pas. Les secteurs exposésLorsque l'on évoque le risque climatique et ses conséquences sur l'activité économique, on pense aussitôt à l'agriculture qui est le secteur le plus exposé et depuis toujours. Ce n'est pas un hasard si Groupama, assureur des agriculteurs, est en pointe sur le sujet, et propose par exemple à ses clients une assurance multirisque climatique sur les récoltes. Concernant les autres secteurs d'activité, il n'existe pas vraiment d'exposition au risque plus importante selon l'activité mais plutôt selon leur situation géographique. Pour les tempêtes, une sorte de couloir en diagonale qui va du sud-ouest de la France à l'Alsace connaît des événements récurrents et plus fréquents depuis quelques années avec des vents forts, constatent les assureurs. Certaines côtes, situées au niveau de la mer, un peu au-dessus ou au-dessous, sont elles aussi particulièrement exposées : une étude de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) vient de révéler que 1.400 communes en France sont particulièrement exposées ce qui représente 20.000 entreprises concernées, c'est à dire implantées dans des zones situées à moins de deux mètres au-dessus du niveau de la mer. En Charente-Maritime et en Vendée elles sont environ 4.500. Lorsqu'elles s'installent, ces dernières doivent donc être conscientes de l'environnement dans lequel elles sont et évaluer les risques qui y sont liés. Vers une hausse des tarifsCertains assureurs évoquent désormais la prise en compte de ces zones risquées dans les tarifs de leurs contrats, comme le PDG de Generali en France, Claude Tendil, qui dans une interview aux Echos, explique fin mars « qu'il faut faire payer la réalité du risque ». Selon la Fédération Française des Sociétés d'Assurances, « la part de la couverture contre les événements naturels dans le budget assurance des ménages et des entreprises passera à près de 25 % (contre 16 % initialement) » d'ici 2030. Les estimations des indemnisations futures pour couvrir des événements naturels en France, montrent que celles-ci doubleront d'ici 20 ans pour atteindre 60 milliards d'euros. Les assureurs considèrent qu'il faudra en répercuter une partie sur les tarifs qu'ils appliquent à leurs clients. Mais pour le moment, ils restent discrets sur cette question. Ceux que nous avons interrogés n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Chez Axa par exemple, on se contente de dire que c'est trop tôt pour en parler, car justement on travaille à une nouvelle offre pour les entreprises sur la question des risques climatiques. Cela montre que le sujet est d'une forte actualité pour les compagnies d'assurance qui préparent des réponses pour les semaines et les mois qui viennent. Les solutions La prévention est de loin la meilleure manière de se prémunir contre le risque climatique. Mais la tendance n'est pas très favorable, car l'attrait notamment pour les zones côtières a pour conséquence une forte augmentation du nombre de logements et d'entreprises qui s'y installent, selon le GIEC. Plus préoccupant, les plans de prévention des risques ne sont réellement adoptés que dans 10% des communes françaises et ne sont généralement pas appliqués à défaut d'être approuvés par l'Etat, selon une étude de la FFSA. Or dans ces plans, les entreprises sont les premières concernées. Il faudrait par exemple très concrètement qu'elles mettent en place des plans d’évacuation des biens transportables en cas de crue ou d'inondations annoncées, ou bien encore prévoir la surélévation de leurs stocks. Apparemment, nous n'en sommes qu'au début de la prise de conscience et ce sont sans doute les assureurs qui pousseront à plus de prévention afin de réduire la facture à payer en cas de sinistre. Pierre-Albert RUQUIER Pour aller plus loin : Site internet de la FFSA Site internet du GEMA Site internet du GIEC A noter :Les CCI du Poitou-Charentes se sont mobilisées pour aider les entreprises à faire face aux conséquences de la tempête. N'hésitez pas à les contacter si vous êtes concerné. Elles sont aussi porteuses d'un programme expérimental de prévention des risques pour les PME avec l'IRIAF, l'AFNOR et d'autres partenaires, soutenu par la DRIRE. N'hésitez pas à les contacter également à ce sujet.
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