Le principe de l'éco-construction, qui vise performance énergétique et environnementale de nos bâtiments, nous rappelle combien l'air que nous respirons à l'intérieur de ces lieux peut devenir dangereux si les pollutions ne sont pas maîtrisées. En effet, nous passons l'essentiel de notre temps en espace clos ou semi-clos, qu'il s'agisse de lieux accueillant du public (transports, administrations, écoles, hôpitaux, salles de sport et de cinéma, etc.), de bâtiments professionnels (bureaux, commerces et industries) ou d'espaces privés (logements individuels ou collectifs). L'humidité ambiante et les concentrations en allergènes peuvent être limitées par une ventilation adaptée, un entretien régulier des bâtiments et/ou la filtration de l'air. Le renouvellement de l'air et son brassage sont des éléments clés de la qualité de l'air intérieur. Des enjeux forts sont liés à la qualité de l'ambiance habitable des espaces que nous occupons, notamment réglementaires avec l'étiquetage obligatoire des matériaux à partir de 2012. Quelles sont les sources de pollution ? 
Les sources de pollutions sont multiples, certains composés sont similaires à ceux rencontrés dans l'air extérieur, d'autres y sont plus spécifiques. On peut ainsi citer l'extérieur du bâtiment (radon par le sol ou polluants de l'air extérieur), les produits de construction, d'ameublement, de décoration, d'entretien et de bricolage qui contiennent de nombreux COV (y compris les aldéhydes avec notamment le formaldéhyde) et particules, les appareils de chauffage, production d'eau chaude, cuisinière (monoxyde de carbone, oxydes d'azote, particules, certains COV), les plantes et les animaux (pollens, allergènes de chat, de chien et d'acariens), la présence et l'activité humaine (particules, monoxyde de carbone, COV et aldéhydes... sans oublier les fumées de tabac).
L'observatoire de la qualité de l'air intérieur a été créé afin de mieux connaître la pollution intérieure, ses origines et ses dangers et d'apporter des solutions adaptées à sa prévention et à son contrôle.
Pour quels enjeux ?
Enjeux réglementaires
Étiquetage obligatoire des matériaux de construction en 2012 
Une réglementation française sur les COV a été publiée au journal officiel le 25 mars 2011, elle concerne l'étiquetage obligatoire des produits de construction, de revêtement de mur ou de sol, des peintures et vernis utilisés à l'intérieur de bâtiments :
Deux dates à retenir pour l'entrée en vigueur : •1er janvier 2012, pour les produits mis sur le marché à compter du 1er janvier 2012 •1er septembre 2013, pour les produits mis sur le marché avant le 1er janvier 2012 (Consultez la page du site LEGIFRANCE relative au décret n° 2011-321 du 23 mars 2011, consultez le site de l'ANSES) .
Enjeux économiques
La qualité des environnements intérieurs, et plus particulièrement la qualité de l'air intérieur, a un impact économique important. Elle représente un coût pour les entrepreneurs lié à la productivité et à l'absentéisme au travail. « Aux Etats-Unis, les 4 maladies respiratoires les plus communes (incluant rhume et grippe) sont à l'origine de 176 millions de jours d'arrêt de travail » note Christian INARD, chercheur et enseignant du LEPTIAB (Laboratoire d'Étude des Phénomènes de Transfert et de l'Instantanéité Agro-industrie et Bâtiment, Université de La Rochelle) Enjeux environnementaux avec la consommation énergétique des bâtiments
En France, le secteur du bâtiment représente près de 40% de la consommation d'énergie primaire et 25% des émissions de gaz à effet de serre. En l'absence de système de récupération de chaleur, le renouvellement d'air des bâtiments neufs peut représenter jusqu'à 40% des déperditions totales. La maîtrise des flux énergétiques liés à la ventilation des bâtiments constitue une priorité pour atteindre les objectifs fixés par la RT 2012. Quatre points à vérifier
Pour allier qualité de l'air intérieur et basse consommation énergétique, nous vous invitons à vérifier ou revérifier :1. Contrôle des débits d'air en fonction de la qualité de l'air intérieur 2. Contrôle des sources de pollution3. Utilisation de systèmes de ventilation énergétiquement efficace : double flux avec récupérateur à haute efficacité, puits canadien, ventilation hybride... 4. Utilisation de système d'épuration/régénération d'air : plusieurs technologies sont utilisées depuis le simple filtre, la filtration mécanique améliorée ou électronique, la photo-catalyse, la génération d'ions négatifs, l'adsorption physique ou chimique, le plasma froid...
Quelle approche pour l'entreprise ? Pour les entreprises, on peut distinguer trois types de locaux, les bâtiments industriels, les bâtiments de services (bureaux assimilables aux logements particuliers) et les Etablissements Recevant du Public (ERP). Voir : Démarche générale pour renouveler l'air des lieux de travail Les bâtiments industrielsLa réglementation du travail a instauré un certains nombre de règles qui concernent les COV, peintures et poussières, par exemple dans l'industrie du bois (précisions sur le site de l'INRS en cliquant ici). Les Etablissements Recevant du Public (ERP)Ces établissements ont une réglementation qui leur est propre. Voir : Guide pratique pour la gestion de la qualité de l'air intérieur des ERP http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/guid0910.pdf
Quelles sont les limites à l'amélioration de la qualité de l'air ?
Le nombre croissant des sources de pollution intérieure avec davantage de polluants à considérer (plus de 900 substances chimiques et agents biologiques recensés à ce jour), implique une conception de détecteur très complexe et donc coûteuse. La pollution de l'air extérieur peut aussi être, par le biais de la ventilation, un vecteur de pollution des bâtiments.
Quand les matériaux s'en mèlent...
« Tous les matériaux ont la faculté de capter la pollution de l'air par les phénomènes d'adsorption / désorption qu'ils induisent. La caractérisation expérimentale de leurs propriétés de sorption et de diffusion permet de hiérarchiser les matériaux vis-à-vis de leur pouvoir d'adsorption, par la modélisation, d'évaluer leur potentiel d'amélioration de la qualité des ambiances intérieures offerte aux occupants de bâtiments. Ces propriétés sont maintenant exploitées dans les matériaux dits actifs :* Peintures photocatalytiques* Plâtres imprégnés de charbon actif* Dalles acoustiques adsorbantes (cf. Knauf Cleaneo) » explique Christian INARD. En parallèle, l'obtention d'une bonne qualité de l'air par l'étiquetage des matériaux de construction et d'ameublement selon leurs niveaux d'émissions polluantes, qui sera bientôt obligatoire, a des conséquences pour certains industriels de la construction et de l'aménagement qui seront directement impactés par ces nouvelles réglementations. Il est donc capital de prendre en compte l'effet des matériaux sur l'air ambiant dans les stratégies de développement.Voir aussi : surveillance de la qualité de l'air en Poitou-Charentes : http://www.atmo-poitou-charentes.org |