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Compensé, neutralisé et séquestré, l'invité vedette de cet "article du mois" est le carbone.
Pour tous ceux qui ont fait le bilan carbone de leur entreprise, il n'est plus un mystère. Mais certaines opérations qu'il subit le sont peut-être encore pour vous. En effet, de quoi parle-t-on quand on utilise les termes de "compensation carbone", de "carbone neutre" ou encore de "séquestration du carbone" ? Et en quoi cela peut-il concerner votre entreprise ?
Cet article tente de faire le point et de vous donner quelques pistes.
Le Sommet de Durban, qui vient de se terminer dimanche, avec 36 heures de retard, a permis d'aboutir, au terme d'âpres négociations entre les quelque 200 pays de l'ONU participant à la conférence, à un accord à minima sur le climat. Pour la première fois, il engage les principaux pollueurs de la planète à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette feuille de route vers un accord en 2015 englobe en effet pour la première fois tous les pays pour lutter contre le réchauffement, y compris les pays en développement. Il permet de prolonger le protocole de Kyoto et met en place un mécanisme de fonctionnement du Fonds vert, destiné à aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique.
Cette actualité nous rappelle que les démarches volontaires peuvent précéder les réglementations, et qu'attendre l'application d'une taxe carbone n'est sans doute pas la bonne stratégie. Engagées dans des démarches de développement durable, de nombreuses entreprises ont déjà réalisé leur Bilan Carbone et ont mis en place des démarches de réduction de leurs rejets de CO2.
Si tel n'est pas votre cas, n'hésitez pas à vous lancer, ou dans un Bilan Carbone, ou dans un Diagnostic énergétique, qui vous permettront de réaliser les gisements d'économies potentielles et de mettre en place des solutions. Rappelons qu'en Poitou-Charentes, ces démarches peuvent bénéficier d'aides du FREE (aides allant de 70% à 50% selon la taille de l'entreprise).
Une autre piste : la compensation carbone
La compensation carbone intervient après la mise en oeuvre de ces solutions pour réduire vos émissions. Elle permet à l'entreprise d'aller plus loin dans la réduction de son empreinte carbone. Plusieurs solutions existent : . La négociation de ses tonnages sur le marché, où la valeur de la tonne est actuellement de 7 euros sur le marché européen. Mais que devient le CO2 ? Cette action sera-t-elle vraiment bénéfique pour l'image de l'entreprise ? N'aura-t-on pas l'impression qu'elle "se débarrasse de ses polluants" ? . Les entreprises qui ne sont pas soumises aux quotas de CO2 (principe du pollueur-payeur), mais qui souhaitent néanmoins réduire encore leur impact, peuvent intégrer une procédure de compensation volontaire. Voir aussi le site de carbonneutral
La « compensation volontaire » est un mécanisme de financement par lequel l'entreprise (ou le particulier) substitue, de manière partielle ou totale, à ses émissions de GES une quantité de "crédits carbone" qu'elle achète auprès d'un tiers. Concrètement, cette démarche servira à financer un projet de réduction des émissions de GES ou un projet de séquestration du carbone avec des actions dans des domaines tels que énergies renouvelables, efficacité énergétique, reboisement... le tout permettant de réduire, ailleurs, d'un volume équivalent de GES. Ce principe de "neutralité géographique" est au coeur des mécanismes mis en place par le Protocole de Kyoto.On peut citer deux mécanismes de ce type et reconnus : les Mécanismes de Développement Propres, pour un transfert des pays du Nord vers les pays du Sud, et les Mécanismes d'Oeuvres Conjointes, entre pays de L'Ouest et de l'Est. Ces mécanismes de flexibilité sont encadrés par l'ONU et un organisme vérificateur. Un exemple de technologie propre : les projets de réinjection de CO2 pour accélérer la croissance des plantes ou pour le développement des algues (biocarburant de 4ème génération), en vue de se susbtituer aux ressources fossiles (mais qui ne stockeront pas de carbone).
La séquestration du carbone
Les actions en faveur des puits de carbone s'orientent vers deux axes : la reforestation (ou la réduction de la dégradation des forêts) soutenue par le programme REDD et le stockage de carbone par les activités sylvicoles. L'ONF travaille actuellement à déterminer la capacité de stockage par an et par Ha selon l'essence du boisement. L'INRA et l'ONF s'accordent pour un stockage de 3 à 5 tonnes de CO2 par an et par Ha. Attention : quand on parle stockage de CO2, on considère que le bois ne doit pas être brûlé (bilan nul) mais plutôt réutilisé par exemple comme matériau de construction (1m3 de bois = 1 tonne de CO) : maisons à ossature bois, charpentes, isolants, mais également papeterie.
Leprogramme CAP CARBONE piloté par la Caisse des dépôts, l'ONF et les Forêts Privées de France détermine les étapes et les développements qui devront être mis en place pour permettre la certification carbone. Il s'agit ou d'une valorisation de la séquestration carbone dans les produits en bois, ou de la valorisation du carbone forestier en France. Une expérience régionale dans la forêt aquitaine a été lancée sur la création d'un fonds de "compensation carbone" régional basé sur la forêt.
Enfouissement ?
Des projets d'enfouissement de CO2 sont en cours d'expérimentation à l'exemple du projet de Total qui stocke actuellement 200 tonnes par jour dans le Pyrénées Atlantiques. Les risques sismiques et la réticence des populations ont toutefois fortement freiné cette expérimentation sur laquelle il faudra attendre d'avoir un retour. A suivre.
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