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Foncez sur les renouvelables!

Au régime ! « Avant de parler de renouvelables, la première chose à faire, c’est de regarder avec beaucoup d’attention les consommations pour une utilisation rationnelle de l’énergie », indique Jean-Louis Epain de l’Ademe Poitou-Charentes. L’isolation des bâtiments est une des pistes, mais le potentiel le plus intéressant se trouve du côté de la production elle-même. L’air comprimé, la production de froid, la ventilation… toutes les composantes du processus industriel peuvent être améliorées. « C’est comme pour les ampoules basses consommation : si vous devez remplacer des moteurs électriques, en prenant des modèles à haut rendement au lieu de moteurs pas cher, l’économie est immédiate », assure-t-il.

 Au cas par cas

Autre exemple : « dans les ateliers de transformation de bois, il faut de l’aspiration pour que l’atmosphère ne soit pas chargée de particules. Dans un fonctionnement classique, tout est relié à un conduit central avec à l'extrémité, un système d’aspiration qui consomme toujours autant même si la plupart des machines sont inutilisées. Or, il existe des solutions simples, automatiques ou manuelles, qui permettent d’adapter la puissance du moteur », rappelle Jean-Louis Epain.

A chaque entreprise ses solutions donc. « Le problème, c’est qu’aujourd’hui beaucoup n’ont qu’une facture globale comme repère. Il faut donc dans un premier temps compter les consommations pour pouvoir les lire de manière analytique », note le technicien. L’Ademe préconise donc le recours à un ingénieur-conseil qui permet d’obtenir « une liste des solutions applicables avec une évaluation de l’intérêt et des coûts pour choisir en connaissance de cause », précise-t-il. L’Ademe et la région Poitou-Charentes prennent en charge la majorité du montant de ces opérations d’aide à la décision à travers le Fond régional d’excellence environnementale (FREE)

Une arme contre la volatilité des prix

Une fois le gaspillage réduit, on peut passer aux renouvelables. Là aussi, il n’y a pas de recette passe-partout : tout dépend des besoins, et leur part peut être marginale comme prépondérante. Dans cette seconde situation, la distillerie La Varoise, en Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Nous brûlions environ 2000 tonnes de fioul lourd par an et le prix commençait à remonter. Pour nous, c’était presque vital », justifie Didier Marro, son directeur. Elle a investi dans une chaudière biomasse, ce qui lui permet d’utiliser en majorité ses propres produits (pulpe de raisin, résidus de pépin, grappes) et du bois en complément.

Bilan : une économie annuelle d’environ 100 000 euros qui laisse espérer un retour sur investissement de 5 ans, et une sécurité en terme de coûts de l’énergie beaucoup plus importante. « Il ne faut pas raisonner comme avec le fioul ou le gaz, où l’on paie le cours du jour, mais aller vers un système contractuel, avec des engagements de fourniture sur le long terme. Et de toute manière, on va vers un renchérissement inéluctable des combustibles fossiles », ajoute Jean-Louis Epain. En Poitou-Charentes, l’intérêt est d’autant plus grand que la ressource est abondante et la filière relativement mature.

Autre solution courante, le solaire thermique pour l’eau chaude. « Nous devions remplacer notre chaudière au fioul vieillissante. L’étude qui a été faite prévoit un retour sur investissement de 6 ans pour le solaire, on avait la place pour mettre les panneaux, c’était facile à mettre en œuvre et on passe à une énergie propre et porteuse dans le temps. Du soleil il y en aura toujours », s’enthousiasme Georges Gallard, directeur général de Vivonne Viande (Vienne).

Cependant, « l’aspect subventions était essentiel », précise-t-il : l’équipement a été aidé à hauteur de 40%. « Nous sommes dans une période opportune pour investir. Aujourd’hui ces projets peuvent être très largement financés par le fonds chaleur institué par le Grenelle de l’environnement et le FREE », confirme Jean-Louis Epain, qui précise que les taux dépendent de plusieurs facteurs - taille de l’entreprise, quantité d’énergie produite, coefficient d’utilisation du matériel et temps de retour sur investissement notamment.

 Photovoltaïque : une logique différente

Que ce soit pour un moteur ou une chaudière, la rénovation ou le remplacement d’un équipement est souvent un point de départ intéressant. C’est aussi le cas pour les panneaux photovoltaïques. « S’il y a besoin de refaire l’étanchéité de la toiture, ce sont des coûts évités pour l’entreprise, car nous prenons en charge toute la partie occupée par les panneaux », indique Colette Saunier, directrice générale de Poitou-Charentes Energies Renouvelables. Créée à l’initiative de la Région, cette société coopérative d’intérêt collectif développe des projets de centrales en louant les toits d’entreprises et de collectivités qui disposent de plus de 1000 m2.

Même plus modeste, un projet de ce type peut aussi être intéressant, sous réserve de conditions favorables et d’être disposé à investir dans la mise de départ, entre 480 et 600 €/m2. Le tarif de rachat réglementé - environ 60 centimes/kWh, bien qu’une baisse à 45 centimes soit envisagée prochainement pour l’industrie – permet en général une rentabilité en 10 ans. Mais la logique est ici bien différente : l’électricité étant revendue à EDF, il ne s’agit plus d’assurer une partie de la consommation.

CONTACTS :
CCI des Deux-Sèvres (pré-diagnostic énergie gratuit) : Jean-Christophe DUNOT - 05 49 28 79 73 - This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it  

Ademe Poitou-Charentes : 05 49 50 12 12
SCIC Poitou-Charentes Energies Renouvelables : 05 49 50 77 25


 

 

Sunday 01 August 2010
Région Poitou-Charentes

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