English (United Kingdom)French (Fr)

Réalisez gratuitement votre prédiagnostic Développement Durable avec l'IRIAF


Logo CRCI
Roulez économique et écologique : choisissez l'éco-conduite

Face aux enjeux du changement climatique, le Grenelle de l’Environnement a fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2 qui nécessitent la mobilisation de tous. Le seul secteur transport est responsable de près d’un tiers des émissions des gaz à effet de serre, d’où l’urgence de faire évoluer nos modes de déplacements (voyageurs et marchandises) et de changer nos comportements. L’éco-conduite est une véritable démarche opérationnelle, mais pour la réussir, quelques conditions sont requises. La première de toutes : l’implication du dirigeant. 

co2Premiers émetteurs de gaz à effet de serre en France et deuxièmes dans l’Europe des 25, les transports seraient responsables de 26% des émissions de dioxyde de carbone en Europe, derrière l’agriculture (39%) et devant l’habitat (19%) et l’industrie (16%). Le transport routier reste le mode le plus émetteur : en France la route serait à l’origine de 92% des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur. Les véhicules particuliers génèrent plus de la moitié des émissions de GES et les ¾ correspondent à des trajets de moins de 100 kilomètres. Les Véhicules Utilitaires Légers représentent 17% des émissions, les poids lourds 26% et les deux-roues 0,7%.

Les conducteurs, par leur comportement et leur style de conduite, ont un rôle à jouer pour réduire leur consommation de carburant et les émissions de GES : dans ce cas précis, l’éco-conduite apparaît comme une solution simple, performante et efficace. Ce que confirme Sébastien Bourcier de l’ADEME Poitou-Charentes « l’éco-conduite donne de vrais résultats tant dans la réduction de consommation de carburant que dans la baisse de la sinistralité. C’est un vrai plus pour l’entreprise qui la met en œuvre. Mais il faut une vraie démarche pour cela. Le « one shot », c'est-à-dire faire un "coup" de formation unique dispensé parce qu’on a un budget à un moment donné, ne peut pas produire ces résultats, en tout cas pas de manière pérenne. Il est indispensable d’inscrire l’éco-conduite dans une démarche et une stratégie de développement durable de l’entreprise, avec des formations régulières, le choix de véhicules adaptés, une bonne maintenance, un suivi régulier et chiffré des consommations, de l’encouragement, ne serait-ce qu’en valorisant les résultats obtenus. De plus, il faut qu’elle concerne tout le monde, depuis le dirigeant jusqu’au salarié conducteur, professionnel ou pas de la route, en passant bien sûr par l’encadrement. Ce qui est vraiment positif, c’est qu’une fois que chacun aura adopté les bons comportements avec les véhicules de l’entreprise, il va aussi les adopter pour ses déplacements personnels. C’est donc aussi une démarche citoyenne pour l’entreprise et tous ses collaborateurs ». 

L'éco-conduite : une démarche propre à chaque entreprise

Même s’il y a des règles qui sont valables pour tous, chaque entreprise devra penser sa démarche en tenant compte des contraintes propres à son activité.
L’éco-conduite est applicable sur tous les types de véhicules, mais dans tous les cas, il s’agit d’analyser le profil d’utilisation et les facteurs qui l’impactent : la mission, les contraintes prioritaires à respecter (horaires, procédures de sécurité), le niveau de formation de l’utilisateur, les représentations qu’a l’utilisateur des bonnes pratiques de conduite, de ses contraintes personnelles (exemple : « finir plus tôt pour rentrer tôt »), de la relation à l’environnement de travail (suivi par son management de sa consommation, voire intéressement au budget carburant).

Alors comment faire ? Tout d'abord, contacter l'antenne régionale de l'Ademe. « Cela permettra de défricher le terrain pour mettre en place les actions nécessaires» précise Sébastien Bourcier. L’approche portera sur l’instrumentation, (véhicule, suivi des appros carburant), la formation des conducteurs (ou de formateurs internes), l’animation et le suivi des résultats (management, challenge interne).

Commencer par le choix du véhicule

Il y a bien sûr le marketing des constructeurs qui intervient : l’annonce des performances dynamiques du véhicule (puissance, tenue de route extrême…), sécurité au crash, polyvalence, statut…. Il faut en revenir au besoin objectif : nombre de passagers (maxi ? le plus fréquent ?), volume de chargement (permanent ? occasionnel ?), rayon d’action, besoin de puissance du véhicule pour se déplacer. « On peut rappeler à ce stade des effets potentiellement néfastes : le mauvais gonflage des pneus, dangereux et entraînant 2 à 6% de surconsommation, explique Sébastien Bourcier. Les accessoires inutiles sont aussi à proscrire, tels que les galeries, ils entraînent jusqu’à 10-15 % de surconsommation. Enfin, attention à l’utilisation inadaptée du système de climatisation qui en mode AUTO n’est pas toujours optimal pour la consommation et peut entraîner jusqu’à 15% de surconsommation ».

Prendre le temps de construire sa démarche de formation

« L’AFT-IFTIM propose éco-pilote, un outil pour répondre aux besoins des professionnels, présente Nicolas Girault, formateur de cet organisme leader de la formation transport-logistique. Nous développons une conduite rationnelle et prévisionnelle, les économies de carburant, mais aussi l’anticipation des dangers et comportements, l’analyse des conduites avec une restitution aux stagiaires». « Nos travaux sont axés sur le changement, les motivations personnelles du conducteur qui est au cœur du système, précise Mickaël Bouquot de CENTAURE, qui a 12 centres dans toute la France, dont un au Futuroscope. Cela suppose de commencer par l’intégration de cette action dans le projet de l’entreprise, de développer un système d’évolution continu ». Bruno Didier, de l’ECF (Ecole de Conduite de France, 1er réseau au niveau national qui vient de fêter ses 40 ans), insiste aussi sur l’importance de la démarche pédagogique dans la durée « les véhicules pédagogiques sont un plus, même si bien souvent, on nous demande de former sur les véhicules de l’entreprise. Mais l’un n’exclut pas l’autre. Il faut trouver le bon schéma de formation adapté aux contraintes de chacun, et la première contrainte est celle de la disponibilité. A nous de nous adapter pour trouver le bon compromis ».

Des résultats mesurables

En tout cas, la démarche, une fois mise en place, s’avère payante à plus d’un titre. Eric Etienne, Directeur des Rapides du Poitou, en témoigne : « Nous avons débuté il y a un an notre démarche et formé 16 personnes avec l’AFT-IFTIM sur nos 135 collaborateurs. En sortie de formation, nous avons obtenu entre 8 et 15% d’économies de carburant, sur un an nous avons enregistré -3,5%, soit un litre de moins aux 100 km. C’est une baisse en coût direct de notre activité, une diminution de notre bilan carbone, mais aussi des conducteurs moins stressés et plus disponibles pour les clients, et un plus grand confort pour les clients transportés. Je désire poursuivre et développer cette démarche, c’est une démarche de « compétitivité citoyenne » de mon entreprise. Nous réfléchissons aussi, en lien avec nos clients, au bon dimensionnement de nos véhicules qui est une variable importante à maîtriser ».

Didier Desmier témoigne aussi des bons résultats obtenus par le SMITED (Syndicat Mixte des Deux-Sèvres qui a une activité de transport de déchets ménagers qu’il trie et recycle) : « Nos véhicules sont bien sûr plus spécifiques. Nous avons opté pour une formation d’un jour dans le centre de formation d’ECF, suivie d’une journée sur véhicules. L’économie obtenue est de 6 litres de carburant par véhicule sur 100 km parcourus, nous sommes passés de 54,47 litres/100 km en 2009 à 48,01 litres fin 2010. Nous avons bien sûr prévu des formations « piqures de rappel » pour maintenir, voire accentuer ces bons résultats ».

"Ces résultats seront d'autant plus probants si ils s'intègrent dans une démarche plus globale, rappelle Sébastien Bourcier. La Charte CO2 et le Plan de Déplacements Entreprise ou Interentreprises sont autant de propositions soutenues par l'ADEME en complément de l'éco-conduite".

 

 ALLER PLUS LOIN :
Contacter l’ADEME Poitou-Charentes : 05 49 50 12 12 ou Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  Contact : Sébastien BOURCIER

Par ailleurs, si vous êtes intéressés sur le principe de mutualiser une formation avec d’autres entreprises ayant des besoins similaires, la CCIT des Deux-Sèvres vous invitera prochainement à une réunion dans ce but. Contact : Jean-Christophe DUNOT au 05 49 28 79 73 – Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 Guide de formation à l’éco-conduite ADEME – La Poste à télécharger gratuitement en cliquant ici 

CHARTE CO2 sur le site de l'ADEME : http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=22274  
       

 PDE site ADEME CERTU : http://www.plan-deplacements.fr 

LE SAVIEZ-VOUS ? La CARSAT peut aussi appuyer, voire encourager votre démarche de formation sur les Véhicules Utilitaires Légers.

 

 ACCEDER AUX ARCHIVES DES "ARTICLES DU MOIS"