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Le début d'une nouvelle année est l'occasion de bonnes intentions ... Nous vous en proposons une, pleine de bon sens, et qui pourra permettre à votre entreprise de gagner en performance : développer une démarche de logistique durable.
Entreprises et prestataires ont en effet tout intérêt à accroître la performance de leur chaîne logistique dans une logique de développement durable : car si l'effort est réel pour y parvenir, la marge de progression dans ce domaine est encore très importante.
Cet article essaye de vous donner quelques pistes simples dans un sujet qui peut parfois paraître complexe.
Optimiser est le mot clé de cette démarche. Les grands groupes ne s'y sont pas trompés et utilisent processus et outils dans ce but. Malheureusement, nombreuses sont encore les PME qui n'ont pas pris en compte leur logistique dans une optique systémique et durable, même si des systèmes d'informations à leur portée sont disponibles. De nombreux progrès restent à accomplir, et la logistique contribue significativement aux 3 piliers - économique, social et environnemental - du développement durable. La démarche permet à la fois d'agir pour la compétitivité de l'entreprise, le développement du territoire et la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Elle nécessite une collaboration de tous : fournisseurs, industriels, distributeurs, prestataires logistiques.
La démarche logistique, en effet, est globale. Elle est aujourd'hui appréhendée comme une fonction de planfication, d'exécution et de maîtrise des flux et des stocks dans l'entreprise et sa chaîne. Elle implique tous les acteurs au cours du cycle de vie des produits. Elle s'imbrique dans la stratégie et dans le marketing de l'entreprise. L'abord de la logistique durable doit donc être entrepris en impliquant toutes les fonctions et acteurs concernés. Un effort important certes... mais à l'heure actuelle, avec un coût de transport de plus en plus élevé, un effort payant.
Une "supply-chain" durable
Que recouvre la "supply-chain" durable (ou chaîne d'approvisionnement) ? Elle s'inscrit dans un cycle qui va de l'approvisionnement (achats durables, utilisation de matières non polluantes, renouvelables, ...), à la fabrication (consommation d'énergie, utilisation de technologies propres, limitation des déchets, recyclage, revalorisation des produits usagers) jusqu'à la distribution (transport combiné, transport alternatif, logistique retour). La massification des flux est une solution d'avenir à privilégier permettant de réduire les stocks chez le client tout en optimisant les transports. Pour des PME, les actions collectives de mutualisation des flux offrent de réels résultats (réduction de 20 à 30% des émissions de CO2 sans changer de mode de transport, en définissant un point de départ commun).... "La mutualisation des activités se révèle particulièrement payante pour les exigences du "dernier kilomètre", explique Olivier ARDOUIN d'A Vision, qui prend l'exemple de l'alliance entre Altadis et Chronopost pour les points colis situés dans les bureaux de tabac, habitués du petit stockage et contraintes de sécurité, présents dans tout l'hexagone et ouverts toute la journée.
Autre piste qui entre dans cette logique de massification : les transports combinés (rail - route, ou fluvial - route, ou mer - route), solutions souvent pertinentes sur les longues distances. Les marchandises son chargées au départ des usines ou des entrepôts dans des conteneurs, caisses mobiles ou semi-remorques. Même si le potentiel de l'inter-modalité est sous-exploité, la part du ferroutage a quasiment doublé depuis 1990. Le transport combiné reste néanmoins préférable pour des transports de masse pour lesquels la rapidité d'acheminement n'est pas essentielle. Le transport fluvial prend également de l'ampleur. On compense la lenteur du flux par une meilleure planification des approvisionnements. " C'est un mode spécialement adapté pour toutes les marchandises à faible valeur" précise Olivier ARDOUIN d' A Vision. De nouvelles solutions innovantes émergent aussi, à l'image de Guillaume TORRENT, créateur de "Transport Cohérence" à La Rochelle et à Cayenne qui propose le transport de marchandises à la voile. " Pour aller au bout d'une démarche équitable et durable, nous avons créé une société de transport maritime à la voile, la base historique du transport maritime, mais enrichie des technologies d'aujourd'hui et d'un modèle économique et social construit selon la nouvelle norme sociétale ISO 26000 !".
Le transport routier de marchandises demeure incontournable et accroît sa performance
Le transport routier reste néanmoins indispensable, il est le 1er mode de transport de marchandises avec 81% du marché. Flexible, rapide et fiable, il continue d'adapter son offre aux nouvelles conditions de la demande, et notamment les attentes liées aux démarches de développement durable de ses clients. 97% des entreprises du secteur sont des PME de moins de 50 personnes. Si le secteur est fragilisé par la crise et les prix du carburant, il sait aussi s'organiser et utilise la mutualisation pour optimiser au maximum les transports. De nombreuses PME s'impliquent pour un développement durable de leur activité avec une prise en compte accrue de la performance environnementale, d'ailleurs souvent étroitement liée à la performance économique.
Les principaux leviers internes de leur action sont : l'optimisation du Schéma Directeur Logistique (livrer avec le service attendu du client et au moindre coût d'exploitation grâce à une modélisation, pour laquelle des outils et systèmes d'information existent), les actions sur le véhicule (énergies alternatives, équipements et normes, éco-conduite), la Charte d'engagement volontaire de réduction des émissions de CO2 (Charte signée entre l'entreprise, l'Ademe et le Ministère pour 3 ans afin de mettre en oeuvre un plan d'action avec des objectifs chiffrés de réductions des émissions). Il est à noter que cette charte est proposée aux entreprises de transports ainsi qu'à toutes les entreprises qui disposent de leur propre flotte.
Les Transports LANDRY ont été parmi les signataires précurseurs en Poitou-Charentes. " Des actions ont été mises en place dans quatre domaines, témoigne Jean-Paul LANDRY, leur dirigeant : Les véhicules : acquisition et renouvellement de notre matériel par des véhicules aux dernières normes environnementales, installations de boîtes automatiques, de climatisations autonomes (ne consommant pas de carburant), limitation du temps de ralenti moteur, etc. ; le carburant : utilisation d'un carburant plus performant et moins polluant, acquisition et mise en place d'outils permettant un suivi précis des consommations. Nous sommes actuellement en phase de test sur un additif au gazole permettant de consommer moins de carburant ; l'organisation des flux de transports : investissement important dans nos systèmes d'exploitation afin d'optimiser nos taux de chargements et de réduire nos trajets à vide. Nous travaillons également avec l'ensemble de nos clients, pour que ceux-ci puissent coordonner leurs expéditions afin d'optimiser les tournées (moins de camions sur les routes) ; les conducteurs : sensibilisation aux bonnes pratiques environnementales et d'éco-conduite et recrutement en commun avec quatre autres transporteurs d'un formateur pour nos conducteurs ".
Gérer ses flux inverses
La "reverse logistique" est également une piste importante d'optimisation. Elle concerne bien sûr les retours commerciaux, mais d'autres flux inverses sont à prendre en considération dans la démarche de logistique durable : les fins de vie des produits, les emballages réutilisables, les déchets recyclables. Tout "retour à vide" est à proscrire, et le coût du traitement des déchets permet une vraie valorisation de ces retours ; là aussi la mutualisation est source de bénéfices.
Des entrepôts et des plates-formes qui limitent l'énergie requise
Des installations à basse consommation d'énergie, voire même HQE, se développent pour l'entreposage, incluant souvent toitures en panneaux solaires, éoliennes, systèmes d'éclairage restrictifs, récupération d'eaux pluviales. Si ces "éco-entrepôts" entraînent généralement un surcoût à l'investisssement, leur rentabilisation se fait dans des délais de plus en plus courts.
Rejoindre la supply chain du futur
Selon Thierry JOUENNE, expert du sujet et professeur au CNAM, "le véritable challenge est d'adopter à l'unisson de nouveaux modèles de collaboration dans la supply chain incluant la gestion des investissements, des capacités de production, des ressources humaines, des performances, des rétributions, des conditions de travail, etc. et pour ce faire, de convaincre des dizaines de milliers de petites et moyennes entreprises de rejoindre la supply chain du futur pour une masse critique nécessaire à la diminution de 20 à 40% de ses impacts sur l'environnement, objectif qui doit être concilié avec les impératifs de croissance économique et de partage des gains entre acteurs, tout en soutenant le développement des territoires".
Pour toute information sur la Charte CO2 : contact DREAL Poitou-Charentes, Eric BLANCHETON, tél. 05 49 55 65 46 ou ADEME Poitou-Charentes, Sébastien BOURCIER, tél. 05 49 50 12 12,
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Pour des pré-diagnostics énergie ou environnement gratuits et de l'information sur le Bilan Carbone, n'hésitez pas à contacter les CCI Poitou-Charentes Pour s'informer sur l'éco-conduite, voir notre article sur ce sujet
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