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Le changement climatique et la nécessité d'agir vite

 Jean Jouzel, chercheur et prix Nobel, nous alerte sur l'accélération du phénomène. Les pires scénarios sont envisagés. Les efforts sont urgents. Nous sommes invités à agir, même (ou encore plus) en temps de crise.

Chercheur médaille d'or du CNRS en 2002, membre du Giec et Prix Nobel, Jean Jouzel intervient dans plusieurs médias (Terre TV, Terra Eco, ...) pour nous alerter à nouveau sur l'urgence d'agir. "Les émissions mondiales n'ont jamais augmenté aussi vite" rappelle-t-il le 8 avril 2009 sur Terre Tv , "nos efforts restent très inefficaces".

 

Stabilité du climat = développement de civilisations stables. C'est une réalité historique que nous rappelle Jean Jouzel interviewé le 8 avril sur Terre TV, et en pleine crise économique le danger climatique doit garder tout son sens et encore plus nous alerter.

 

Voici quelques extraits de propos tenus récemment à ce sujet et qui nous rappellent que la conjoncture ne doit pas nous détourner de nos objectifs de développement durable pour les entreprises, bien au contraire.

 

Terra Eco du 26 avril se fait l'écho d'un débat entre Jean-Louis Borloo, Jean Jouzel et Stéphane Hallegatte (autre membre du Giec). "Nos émissions de gaz à effet de serre doivent décroître dès 2015, c'est à dire immédiatement, alors qu'elles n'ont jamais augmenté aussi rapidement. Toute  la question est de savoir si nos sociétés, nos politiques sont disposés, dès aujourd'hui, à prendre les mesures qui s'imposent" y déclare Jean Jouzel. "L'enjeu de la conférence sur le climat de Copenhague, en décembre prochain, est gigantesque. Rater cette échéance aurait une incidence forte sur le très long terme" appuie Stéphane Hallegatte.

 

"Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure mais, même si nous parvenons à stabiliser la température à +2°, cela ne garantit aucunement un monde calme. Il faut suivre les recommandations de mon confrère James Hansen de la Nasa, qui n'est pas optimiste. Il part des objectifs européens de réduction des niveaux de concentration de CO2 dans l'atmosphère (.../...) Hansen conclut donc qu'il n'ya pas d'autre choix que de se limiter à 350 ppm si l'on veut conserver notre climat dans l'état où il se trouve aujourd'hui. Or nous en sommes déjà 380 ppm." nous dit Jean Jouzel. "Communiquer sur un tel chiffre, c'est dur, difficlement compréhensible pour le grand public. Communiquer sur la nécessité de diminuer la quantité de gaz carbonique dans l'atmosphère, cela signifie stopper toutes les centrales à charbon immédiatement, replanter massivement des arbres"(.../...).

 

Propos sur lequel rebondit Jean-Louis Borloo "Ce dont je suis certain, c'est qu'il faut dire à tous que c'est faisable, que c'est le progrès et que ce n'est nullement un retour en arrière. D'où vient  cette problématique du changement climatique? D'un fondement économique qui a lui-même un fondement énergétique qui n'est pas indispensable, ni vital. Nous sommes en train de vivre une parenthèse extraordinaire. Et dans l'histoire de l'humanité, cette parenthèse sera considérée comme la parenthèse du tandem pétrole-charbon, dominé par le pétrole. C'est une anomalie. Tout le monde peut bien comprendre qu'une fraise qui parcourt 10000 km n'est pas une absolue nécessité pour l'humanité. De même que d'avoir de la mobilité quasi exclusivement par des moteurs thermiques n'est pas une fatalité. En fait, ce qu'il faut avoir en tête, c'est bien que l'atmosphère est une ressource en péril comme les autres, comme la ressource halieutique, comme les terres arables. Dans tous les cas de figure, le changement fondamental de notre économie est incontournable et la grande difficulté est de se persuader que l'on est capable de mener avec succès cette mutation. Dans le même temps, il faut démontrer que cette mutation n'est ni la crise sociale, ni la crise énergétique, ni la crise économique, ni la crise de l'urbanisme, mais bien une transition vers une société plus responsable pour améliorer notre qualité de vie" (.../....)

 

" La France a voté, financé et fiscalisé un plan de 442 milliards d'euros! Ce vaste plan comprend de nouvelles lignes de tramways, et de trains à grande vitesse, des travaux d'isolation thermique, des investissements dans les énergies renouvelables... En matière de croissance verte, la France met en place le plus grand programme d'investissements rapporté à la taille du pays. Il faut bien en prendre conscience! Si nous -je parle des pays industrialisés- ne réussissons pas à faire cette mutation économique, technologique et comportementale, aucun pays dans le monde n'y parviendra". (.../...)

"Dans les cinq ans, il faut aller vers un prix écologique des produits. Je suis convaincu qu'un morceau de bois que vous achetez et qui est issu, au choix d'une forêt dévastée, ou bien gérée durablement, ne peut pas avoir le même prix. Le principe du bonus écologique est donc toujours et plus que jamais d'actualité".

 

 

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